The Greece and the Troïka... right to the end

 

 

 

 

 

 english 

 

 

The biting measures of austerity, effectively forced on Greece by its European partners, have been accepted in exchange for the desperately needed financial bailout. Greek government spending on minimum wages, unemployment benefits, healthcare services, pension plans, and education, to name but a few sectors, has all been drastically reduced.

 

As Greece braces itself for a fifth year of recession the unemployment has reached a record 27.8% nationally, with nearly one in two 15-24 years-old without work (48%). Gross Domestic Product has fallen a further 7% during the last quarter of 2011, down more than 27% in all from its highest value in 2009. (The Hellenic statistical authority)

 

For the vast majority of Greeks the imposed austerity plan, it seems, is solving nothing. To the contrary, many are being left without hope for a better future and just more stringent belt-tightening, at best, and economic ruin, at worst, to look forward to. The people I met and spoke to are incredulous, but well informed; disheartened but fiercely proud... Europeans citizens who undergo this predicament time, mostly due to the carelessness of politicians. 

Besides the crisis human lives are being shattered here..

 

My project is for them, so that their voices and their feelings may be heard.

 

 

 

 French 

 

 

Dans un contexte de manifestations et d’émeutes, le Parlement grec a approuvé les mesures d'austérité réclamées par la troïka (UE, BCE et le FMI) le 12 Février 2012.
Les dirigeants des autres pays européens et leurs institutions financières ont continué à exiger l'application sans faille des mesures d'austérité pour endiguer la spirale incontrôlable de la dette du gouvernement grec.
Les dépenses du gouvernement sur les minima sociaux, les prestations de chômage, les services de soins de santé, les régimes de retraite et de l'éducation,  ont toutes été considérablement réduites.

La Grèce se prépare à une cinquième année de récession : le chômage a atteint un niveau record de 27,8% au niveau national, avec près d'un sur deux des 15-24 ans sans travail (48%). Le produit intérieur brut a chuté encore de 7% au cours du dernier trimestre de 2011, en baisse de plus de 27% dans l'ensemble de sa valeur la plus élevée de 2009. (Autorité statistique hellénique)

Pour la grande majorité des Grecs, le plan d'austérité imposé ne semble rien résoudre. Au contraire, beaucoup sont laissés sans espoir d’un avenir meilleur, au mieux, et d’une ruine économique, au pire, Les gens que j’ai rencontré sont incrédules, mais informés; découragés mais farouchement fiers ... citoyens subissant cette situation, principalement en raison de l'incurie des politiciens.

 

Mon projet est pour eux, afin que leurs voix et leurs sentiments puissent être entendus.

 

Tassos, Athens

I am a civil engineer. I used to work for a Greek metal construction company between 2007 and 2009. The first year has been fine… then the first wave of crisis came... in 2008… with a cash flow problem. They started not paying us, they delayed our payment throughout the year 2009 and eventually, they never paid anything the last eight-months; we all have been dismissed and the company shut down in 2010. Two months later, all the employees gathered and we brought a lawsuit against the company. Pursuant to the justice system in Greece, it took two year to get to trial, the legal decision was on our side and even then after that, according to the crisis, we never manage to receive the money. To continue the prosecution, we should pay but we couldn't afford ... so we gave up. After that, I looked for a job in my field, but the hiring offer was without insurance with a salary of 600 €... as a civil engineer. This is extremely low.

Eventually, it took me two months to find another job in a travel agency: online booking of tickets. In this agency, everybody has a standard wage, around 700 €, this is the wage of hire. For the higher wages, they gave cash to avoid paying taxes.

We are supposed to work 8 hours, usually we work overtime… of course without any monetary compensation. By law in Greece, we have a 20 minutes break for lunch... overall, nobody takes it. Finally... we have penalties consisting of withdrawing money from our salary for minor errors.

5 euros for a typing mistake, a misspelling (I am dealing with 200 bookings per day.)

5 euros for delay even one minute.

30 euros when they think that you haven't dealt with the customer in the way they want it... it's up to the supervisor.

The best is... we have to sign the contract under these conditions... nobody will complain... owing to the crisis. Without the crisis, nobody would ever accept that. Nevertheless, this company is doing well, with a huge profit… blatantly companies take advantages of it!

On February 2012, Tassos has been fired. He currently lives in Japan

 

 

 

 

Tassos, Athens

Je suis ingénieur civil. Je travaillais pour une entreprise grecque de construction métallique entre 2007 et 2009. La première année fut bonne... puis la première vague de la crise est arrivée... en 2008... avec un problème de trésorerie. Ils ont commencé à ne pas nous payer. Ils ont retardé notre paiement durant toute l’année 2009 et finalement, ils n’ont rien payé les 8 derniers mois; nous avons tous été licenciés et la société a fermée en 2010. 2 mois plus tard, tous les employés se sont réunis et nous avons intenté un procès contre la compagnie. Conformément au système judiciaire grecque, il a fallu 2 ans pour arriver au procès, la décision judiciaire était de notre côté et malgré cela, en raison de la crise, nous n'avons jamais réussi à recevoir l'argent. Pour continuer la poursuite judiciaire, nous devions payer, mais nous ne pouvions pas... nous avons donc renoncé. Après cela, j’ai cherché un emploi dans mon domaine, mais l'offre d'embauche était sans assurance avec un salaire de 600€… comme ingénieur civil. C’est extrêmement faible.

Finalement, il m'a fallu deux mois pour trouver un autre emploi dans une agence de Voyage : Réserver des billets en ligne. Dans cette agence, tout le monde a un salaire standard, autour de 700 €, tel est le salaire d'embauche. Pour les salaires les plus élevés, ils donnaient de l'argent liquide afin de ne pas payer d’impôts.

Nous sommes censés travailler 8 heures, généralement nous faisons des heures supplémentaires... bien sûr sans aucune compensation monétaire. Selon la loi en Grèce, nous avons une pause de 20 minutes pour la pause déjeuner... dans l'ensemble, personne ne la prend. Enfin ... nous avons des pénalités consistant à retirer de notre salaire de l’argent pour des erreurs mineures :

5 € pour une erreur de frappe, une faute d'orthographe (je traite 200 réservations par jour)

5 € pour le retard, même d’une minute

30€ quand ils pensent que vous n’avez pas traité avec le client de la manière qu’ils veulent ... c’est au bon vouloir du superviseur.

Le meilleur est... que nous devons signer le contrat sous ces conditions… personne ne se plaindra... à cause de la crise. Sans la crise, jamais personne ne pourrait accepter cela. Néanmoins, cette entreprise se porte bien, avec un bénéfice énorme... de façon éhontée, les entreprises profitent de cela !

Au mois de Février 2012, Tassos a été licencié. Il vit actuellement au Japon

 

 

 

 

Mirka, Athens

I was born in Athens 26 years ago. I am an english teacher and I am currently unemployed… since the past 5 months. I get my degree from a greek and an english university (Master in England.) After my Master in 2009, I had to sit for a government examination, to become a permanent teacher in Greece; the applicants who took the test were almost 5 thousand and posts to be covered, were less than two hundred. You have to be a part of the first 200 results to become a permanent teacher. Beyond 200, you might have a substitute teacher job but few of applicants will be involved. Usually this exam takes place all over Greece, once every two years. Since 2009, they haven’t even announced a date for the next examination!

They merge a lots of school, especially primary school, so they need to let people go… not hire them. Basically, we have the most important rate of public servant per habitant from all of Europe. The problem with the public sector is that, on one hand, there is a lack of civil servants in hospitals, nurses and doctors or teachers in education and on the other hand, we are overwhelmed by administrative civil servants (office) or those who are doing some menial task. Most of the useless ones correlate the bribery. And now, the government throws the baby out with the bathwater!

I worked one year for the state as a substitute teacher. I taught childs from 7 to 12 years old. Five years ago, it was my goal to work in a public sector as an english teacher... and live my life like that… not anymore. Working 7 hours a day, plus the homework and get paid 660 euros… it is no way to live!

So, the alternative will be simply to leave the place and go abroad… but I don’t know if it’s the solution to flee the country.

 

Mirka lives in England and is now a professor (2014)

 

 

Mirka, Athens

Je suis née à Athènes il y a 26 ans. Je suis professeur d’anglais et je suis actuellement sans emploi … depuis maintenant 5 mois J’ai un diplôme universitaire grec d’anglais (maîtrise en Angleterre)

Après mon master en 2009, pour enseigner en Grèce j’ai passé un examen public afin d être titularisé. Il y avait à peu près 5000 candidats pour moins de 200 places. Vous devez faire partie des 200 premiers pour être titularisé. Au-delà de 200, vous pouvez avoir un poste de professeur remplaçant, mais peu de candidats sont affectés.

Habituellement cet examen a lieu dans toute la Grèce, une fois tous les deux ans. Depuis 2009, ils n’ont même pas annoncé une date pour le prochain examen !

Ils fusionnent un bon nombre d’école, les écoles primaires en particulier… ils ont donc besoin de laisser les gens partir et pas de les embaucher.

Nous avons le plus important taux de fonctionnaire par habitant de toute l’Europe. Le problème avec le secteur public c’est que, d’un côté, il y a un manque de fonctionnaires dans les hôpitaux (infirmières et médecins) ou de professeurs dans l’enseignement et de l’autre, nous sommes submergés par des fonctionnaires administratifs ou ceux qui font des tâches subalternes. La plupart des jobs inutiles sont liés à la corruption… et maintenant, le gouvernement jette le bébé avec l’eau du bain!

J’ai travaillé pour l’Etat pendant un an comme professeur suppléant. J’ai enseigné à des élèves de 7 à 12 ans. Il y a 5 ans, c’était mon objectif de travailler dans le secteur public en tant que professeur d’anglais et vivre ma vie comme ça mais plus maintenant. Travailler sept heures par jour, heures auxquelles il faut ajouter le temps pour les corrections et l’aide aux devoirs…pour être payé 660€, ce n’est pas une vie!

L’alternative sera tout simplement de quitter le pays et de partir à l’étranger… mais je ne sais pas si c’est la solution…de fuir le pays.

 

Mirka vie maintenant en Angleterre et est professeur (2014)